A partir des constats de plusieurs rapports (Conseil Economique et Social, de Michel DEBOUT 1993, du Haut Comité de Santé Publique) et, à l’époque, des neufs programmations régionales de santé existant (aujourd’hui ces mesures ont été étendu, objectifs 2000 à 2005, à l’ensemble des régions françaises. Il
a été impulsé une dynamique d’expertise et d’expérimentations autour de la prévention su suicide ; fédérant l’ensemble des acteurs impliqués institutionnels, professionnels, et associatifs, qu’ils soient impliqués dans le médical, le médico-social ou le social.
L’UNPS (Union Nationale Pour la Prévention du Suicide) ayant pour vocation de jouer un rôle essentiel et contribue dynamiquement à l’élaboration de stratégies de prévention. L’un de ces axes majeurs de réflexion est comment penser la prévention aujourd’hui.
Les trois premières années de 1998 à 2000 ont permis notamment l’élaboration par l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé (ANAES) de recommandations sur la prise en charge hospitalière de personnes ayant fait une tentative de suicide, l’élaboration de recommandations de pratiques que des actions de prévention primaires par la Fédération Nationale des Observatoires Régionaux de Santé (FNORS) ainsi que le lancement des études visant à améliorer les connaissances dans ce domaine.
Enfin, cette dynamique a permis l’élaboration de la stratégie nationale d’action face au suicide (2000-2005) lancée dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne en Septembre 2000.
Cette stratégie qui ne néglige aucun moyen d’action, vise à assurer la cohérence et la qualité des actions développées au plus près des personnes en difficulté.
Elle se décline en quatre principaux axes :
- Favoriser la prévention,
- Diminuer l’accès aux moyens de suicide les plus létaux,
- Améliorer la qualité de la prise en charge des personnes en mal-être et des familles ou proches de suicidaires,
- Mieux connaître la situation épidémiologique
Son objectif principal était de fédérer l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention du suicide autour d’une démarche constante de réflexion et de suivi. La réévaluation des actions est toujours nécessaire au regard des effets délétères pouvant survenir autour d’une problématique aussi délicate.
Un vaste programme de développement de la formation concernant la crise suicidaire est lancé des la fin 2001 et se développe courrant 2002, 2003 et 2004.
Le plan santé mentale « l’usager au centre d’un dispositif à rénover » a réaffirmer cette priorité de santé publique , tout en soulignant la nécessité de replacer la prévention du suicide dans un contexte d’ensemble concourant à la bonne prise en charge de la santé mentale des personnes. Cela a amené le développement d’une approche plus globale de la santé mentale, s’agissant notamment des actions de prévention.
En effet, les actions et démarches de partenariat ou de réseaux locaux résultent des programmations régionales sur le suicide, ou celles à destination des personnes en situation de précarité, et participent de la mise en œuvre de la refondation de la politique de santé mentale (un bilan national des PRAPS (Programme Régionaux d’Accès à la Prévention et aux Soins) a démontré qu’1/3 de leurs actions concernait des problématiques de santé mentale).
Les PRS (Programmes Régionaux de Santé) ont également permis de renforcer les secteurs de pédopsychiatrie ainsi que la dimension psychiatrique dans certains services hospitaliers d’urgence.
Les PRAPS (Programmes Régionaux d’Accès à la Prévention et aux Soins) ont contribué au développement de prises en charges conjointes autour de la souffrance psychique des jeunes, par des acteurs socio-éducatifs de la protection
Il a été encouragé, une articulation des actions avec les orientations des Schémas Régionaux d’Organisation Sanitaire dans leur volet psychiatrique et plus généralement de santé publique.
La stratégie nationale d’actions face au suicide et le plan de santé mentale ont favorisé un certain développement des orientations suivantes :
1. Développer une réponse graduée en matière de prévention en santé mentale :
La prévention se doit de comporter des actions de promotion de la santé mentale auprès des professionnels et du grand public. Ces actions intégreront la problématique de la prévention du suicide (informations relatives à la souffrance psychique et aux troubles mentaux, aux modalités de prise en charge et de soins) Il est donc prévu d’engager en 2002, en lien avec le CFES (Comité Français d’Education pour la Santé qui deviendra en 2003, l’INPES - Institut National Pour la Prévention et l’Education à la Santé) et l’Assurance Maladie, une action visant à développer des campagnes de communication pertinentes en ce sens.
Des actions de prévention primaire ou d’éducation pour la santé ont été également renforcées, en amont de toute manifestation de comportements à risque ou de symptômes.
Des colloques interrégionaux ont été organisés par les CNAM, le CFES, la Mutualité Française et le Ministère, pour l’accompagnement de ces démarches et la diffusion du guide d’action sur la prévention primaire du suicide des jeunes.
Mise en place de la pédagothèque du CFES, chargée, à la demande de l’Etat, d’analyser le contenu d’outils d’information sur la prévention du suicide et la santé mentale, Fin 2002 début 2003
Des travaux ont été menés avec les différents ministères de l’Education Nationale et de la Famille.
Enfin l’écoute et le soutien psychologique des personnes en souffrance psychique et de leur famille participent de la prévention du suicide. Il y a eu un effort soutenu en direction des associations de téléphonie sociale oeuvrant dans ce domaine.
Un rappel, un renforcement des Points Accueil et d’Ecoute Jeunes comme structure qui peut jouer un rôle positif dans le cadre des programmations régionales sur la prévention du suicide.
Par ailleurs le recrutement, en 2001, 2002 des psychologues pour le suivi psychologique des personnes en souffrance ou victimes de violences dans les services hospitaliers de soins somatiques, y compris les services d’urgence, contribuent fortement à la prévention.
2. Améliorer le repérage et la prise en charge des personnes en crise et de celles qui ont fait une tentative de suicide est devenu une priorité majeure de cette stratégie.
Rôle de chacun des intervenants dans leur propre domaine de compétence, éducatif, social, ou sanitaire. Les professionnels de santé n’étant pas les seuls concernés par la prévention du suicide, la nécessité de l’implication de chacun des acteurs est devenue importante ; des dynamiques nouvelles de partenariats ou de réseaux voient le jour.
En 2002, les DRASS (Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales)ont eu la charge d’organiser des formations interdisciplinaires locales sur la crise suicidaire, à partir des conclusions de la conférence de consensus tenue en 2000 sur cette question.
Ces formations ont concerné ; les associations de bénévoles oeuvrant dans le champ du suicide (téléphonie sociale, accueil et soutien des personnes suicidaires) ; les points accueil et écoute jeunes ; les médecins généralistes, les pédiatres, les urgentistes ; les secteurs de psychiatrie, les gériatres travaillant en institution ; les professionnels de l’Education Nationale (enseignants et infirmiers scolaires), les surveillants et personnels socio-éducatifs de l’administration pénitentiaire.
Ces formations ont été mises en œuvre par des formateurs régionaux, psychiatres et psychologues cliniciens, qui ont suivi en 2001 une session nationale de formation de formateurs sur la crise suicidaire, organisée et financée par la DGS (Direction Générale de la Santé - Ministère de la santé) et mise en œuvre par le Pr. Jean Louis TERRA, Jean Luc VENISSE et Monique SEGUIN professeur de psychologie au QUEBEC.
En 2002, les audits réalisés dans les structures hospitalières
La stratégie nationale est évolutive. Des études sont menées afin d’améliorer la connaissance du phénomène et d’adapter en regard les actions de prévention. Le pôle d’observation du suicide mis en place au ministère mettra un accent assez fort sur la prévention du suicide dans le milieu du travail et parmi les personnes âgées.
Il n’y a pas de recettes miracles en ce qui concerne le suicide. C’est un travail en profondeur de sensibilisation et de formation qui est l’élément déterminant.