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Atelier éthique de la relation à la personne suicidaire
Paroles d'écoutants

Ce document présente la synthèse d’interviews auprès de 25 bénévoles appartenant à trois associations (le Centre de Prévention du Suicide de Bruxelles, SOS Phénix Suicide et Suicide Écoute), qui ont bien voulu accepter de participer à cette réflexion collective sur l’éthique de l’écoute des personnes suicidaires, organisée sous le patronage du Comité Scientifique et Ethnique de l’UNPS

La lecture de ce florilège de citations est particulièrement émouvante : chacun raconte à sa manière ces moments d’extrême humanité, où une relation fugace mais parfois essentielle se noue. L’écoute de la souffrance, du désespoir fait tomber bien des préjugés.


La lecture de ce florilège de citations est particulièrement émouvante : chacun raconte à sa manière ces moments d’extrême humanité, où une relation fugace mais parfois essentielle se noue. L’écoute de la souffrance, du désespoir fait tomber bien des préjugés.

Pourquoi s’engagent-ils dans cette voie ? Certains d’entre eux ont été marqués par des évènements douloureux. D’autres se sont découverts une aptitude particulière à l’écoute. Tous se sentent engagés dans un mouvement de solidarité.

La modestie des propos tenus est frappante : personne ne met en avant un mérite quelconque à faire ce travail d’écoute. Par contre beaucoup soulignent tout ce que cela leur apporte de vivre ainsi à la recherche de l’authentique. Le souci de respecter l’autre ouvre des chemins de découverte de soi.

Athées, agnostiques ou croyants, ils vivent des choses semblables qu’ils nomment différemment : l’expérience de laisser venir du plus profond d’eux-mêmes des propos salvateurs est pour les uns de l’ordre de l’intuition, pour d’autres le fait de l’intervention d’un tiers divin.

Il y a des règles prescrites par les associations, un cadre à respecter pour l’écoute, mais il semble bien que chacun les adapte quelque peu à sa propre personnalité. Si le principe de non directivité est suivi de manière diverse, l’existence de la règle oblige à ne s’en écarter que de manière consciente. Seul l’interdit de rompre l’anonymat, en entrant en relation directe avec l’appelant, n’est mis en cause par personne, même si parfois il coûte à être respecté. La protection qu’il assure à l’écoutant n’est pas le seul fondement de sa légitimité, sinon elle serait plus largement contestée.

Le respect de la liberté de se suicider, et l’obligation d’assistance à personne en danger forment une contradiction au cœur de la démarche des associations : aider la personne en souffrance, en désespérance, désirer qu’elle vive, mais en même temps respecter jusqu’à son désir d’en finir, habitent l’écoutant, et ces contradictions l’empêchent de disposer de formules toutes faites pour réagir à la souffrance énoncée. L’écoutant est nu, et comme tel il peut émettre des mots qui touchent.

Les interviews ont été en règle générale vécues de manière très positive : il y a un désir de partage des interrogations existentielles de chacun, et le cadre inter associatif offert par l’UNPS paraît prometteur pour cela.

Les auteurs de ce document sont les 25 participants. Les interviews, la mise en forme et en ordre des citations, et la rédaction de la synthèse ont été réalisées par Arnaud de Boysson (SOS Suicide Phénix), Béatrix Lekeux (Centre de Prévention du Suicide), et François Turlot (Suicide Écoute), qui eux-mêmes ont été interviewés.

 

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